Vos Témoignages ​

Pour inaugurer cette rubrique, voici le témoignage d'un ancien d'Avord, Henri Pautex (91 ans)

J'ai été affecté à Avord en tant que mécano radio bord, en 1951. La base venait de subir un cyclone destructeur.

C'était le temps des Siebel. A la réception de ces merveilles de 311/12/15 ce fut merveilleux jusqu'en 1958 ou les moteurs 12S ne furent plus fiables et inquiétèrent les équipages. Le commandant des moyens techniques demanda aux mécanos de trouver un truc pour tester les compressions de ces moteurs dont la base des cylindres se grignotaient, entrainant un mélange fameux de bielles. Le vol monomoteur était enseigné, mais pas recommandé !

J'avais déjà étudié les parasites engendrés par des balais défectueux ou mal rodés, et utilisé un vieil instrument mélangé air/essence d'un bimoteur américain, couplé à une pince ampère métrique. Branchée sur le plus de l'alimentation, la pince transmettait toutes les micros variations à l'aiguille. Je montait cette merveille sur un bout du manche à balai préalablement scié, et avec une bougie un peu…usée, l'engin indiqua par ses sauts, un cylindre défectueux. La société Guerpillon à Paris arriva à nous fabriquer un appareil similaire, car cet instrument avait des caractéristiques particulières.

Avant vol, le mécano branchait la pince sur l'alimentation (facile sous le capotage du 12S), son copain faisait tourner, sans magnéto bien sûr. L'engin sans manche à balai était fabriqué sous l'appellation "mallette test compressions". Cette mallette dont les mécanos se servaient avant chaque vol ne demandait que quelques minutes, et arrêtait un avion pour vérifier ses compressions le cas échéant.

Un autre souvenir me revient. Nous avions touché, nous les pistards, des combinaisons provenant des équipages allemands. Des combinaisons en laine, chaudes, à chauffage électrique (qui ne fonctionnait plus ! ) de couleur marron, qui nous faisait ressembler à des ours. Nous les appelions … nos peaux d'ours.

Egalement, les jours de pluie nous passions dans tous les avions pour mettre une bâche (confectionnée exprès) sur le VHF, derrière le pilote, car il pleuvait aussi à l'intérieur. Le vitrage des nez des appareils n'était plus étanche et les gouttes tombaient sur l'émetteur/récepteur et provoquaient des courts-circuits. En vol, il ne fallait pas oublier de les enlever car la chaleur était néfaste aux circuits.

J'ai terminé mes 25 ans de service à Ochey en 1971. Mais Avord reste pour moi une époque extraordinaire.

Henri Pautex

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